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Aide d’urgence : prendre en compte les personnes handicapées

Urgence

L’organisation Human Rights Watch a publié le 18 janvier un rapport[1] sur les discriminations qui touchent les personnes handicapées dans les camps de réfugiés en Grèce. Illustration d’un problème général et récurrent : en situation de crise, les personnes handicapées sont souvent les oubliées de l’aide humanitaire. Raison pour laquelle, en mai 2016, Handicap International a soutenu le lancement de la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’aide d’urgence[2].

Dinesh Rana, 22 ans, est le président du comité de gestion des catastrophes de Shankarpur (DMC), essayant un fauteuil roulant pour accéder à une pompe à eau surélevée

© B.Blondel / Handicap International

Conditions de vie très difficiles, besoins spécifiques des personnes vulnérables négligés, manque d’accès aux services de santé, aux infrastructures sanitaires… Human Rights Watch fait dans son rapport un bilan particulièrement sombre du sort des réfugiés handicapés en Grèce.

« Les professionnels de l’humanitaire sont encore trop peu formés pour bien repérer les personnes handicapées, comprendre la spécificité de leurs besoins et y répondre, explique Ricardo Pla Cordero, référent technique inclusion dans l’action humanitaire à Handicap International. Nous appelons les organisations humanitaires et les Etats à soutenir la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’aide [lien] que Handicap International a contribué à élaborer et  lancer aux côtés d’organisations représentantes des personnes handicapées en mai 2016, lors du Sommet humanitaire mondial à Istanbul. »

La Charte a déjà été adoptée par 140 Etats, organisations humanitaires, bailleurs et réseaux associatifs. Elle appelle toutes les institutions impliquées dans l’aide humanitaire à faire évoluer leurs pratiques pour mieux inclure les personnes handicapées, les faire participer dans les décisions et assurer que les services humanitaires soient réellement pour tous.

Cette injustice touche des millions de personnes. Selon une enquête menée par Handicap International en 2015, 75 % des personnes handicapées affectées par les crises n’ont pas suffisamment accès à l’aide humanitaire [3].

Une autre enquête conjointe menée par Handicap International et HelpAge International [4] en 2014 mettait en évidence la vulnérabilité des personnes handicapées parmi les victimes du conflit syrien : 30 % des réfugiés syriens en Jordanie et au Liban ont des besoins spécifiques ; une personne sur cinq souffre d'un handicap physique, intellectuel ou sensoriel. Une personne sur sept souffre d'une maladie chronique...

De plus, les crises humanitaires engendrent une augmentation du nombre de personnes handicapées en raison des blessures mal prises en charge et du manque d’accès aux soins médicaux.

Handicap International mène des projets pour favoriser l’inclusion des personnes handicapées dans l’aide d’urgence dans une dizaine de pays.

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