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« Ça a été le pire jour de ma vie »

Réadaptation
Jordanie

Mohammad a 41 ans. Ce père de famille syrien a trouvé refuge en Jordanie avec son épouse et ses enfants. L’année dernière, il a été victime d’un grave accident de travail qui l’a immobilisé pendant plusieurs mois. Handicap International (HI) lui a proposé des sessions de kinésithérapie pour l’aider à retrouver sa mobilité. L’association a également aidé Amani, la fille de Mohammad, qui souffrait d’une malformation de naissance, à se faire opérer et à bénéficier de sessions de réadaptation. 

Mohammad et sa fille Amani | © Elisa Fourt / HI.

Assis sur un matelas posé à même le sol dans son salon, Mohammad regarde Amani dessiner. Déjà vêtue de son uniforme, sa fille attend impatiemment le bus qui l’emmènera à l’école. « Elle adore étudier et c’est la première de sa classe », dit-il fièrement à l’équipe de HI qui leur rend visite. Mohammad est heureux de voir sa fille manier ses crayons sans difficulté. Cela n’a pas toujours été le cas. Amani, 10 ans, souffre d’une malformation à la main. « Lorsque ma fille est née, elle n’avait pas de pouce », explique-t-il en regardant ses doigts. 

Mohammad pensait que rien ne pouvait être fait pour améliorer le quotidien d’Amani, jusqu’à ce qu’il soit victime d’un grave accident. « Lorsque la guerre a commencé en Syrie, je suis venu ici pour continuer de travailler et de subvenir aux besoins de ma famille. Ma femme et mes enfants m’ont rejoint quelques années plus tard, quand le conflit s’est considérablement intensifié et que la vie quotidienne était juste trop dure pour rester là-bas. Depuis mon arrivée ici, je faisais tous les petits boulots que je pouvais trouver. C’était généralement des travaux de main d’œuvre sur les chantiers. Un jour, j’étais sur le toit d’un bâtiment, j’ai fait un faux mouvement et je suis tombé. J’ai fait une chute de plusieurs étages. Ma hanche a été fracturée à trois endroits différents et j’avais aussi des os fracturés au niveau de la main et de la jambe... Ça a été le pire jour de ma vie. » Saida, son épouse, ajoute : « Ça a été le pire jour pour toute notre famille. Nous avons eu si peur pour lui. Nous pensions que nous l’avions perdu. »

Mohammad reste trois jours à l’hôpital, il est opéré plusieurs fois et il est ensuite renvoyé chez lui. « C’était vraiment dur pour nous », raconte Saida. « Mon mari était complètement immobilisé et il souffrait beaucoup. Nous n’avions pas les moyens de payer pour ses antidouleurs alors j’ai commencé à chercher de l’aide humanitaire. On m’a parlé des services de HI et peu après, une équipe de l’association est venue nous rendre visite. »

Abdul Rahman, kinésithérapeute de l’association, commente : « La première fois que j’ai rencontré Mohammad, il était alité et ne pouvais absolument pas bouger. Nous avons commencé par essayer de lui faire bouger ses doigts, puis sa main et peu à peu, le reste de son corps. Quand on le voit maintenant, se tenir debout et marcher, on ne s’imagine pas… Mais cela est le fruit de nombreuses sessions de kinésithérapie et la façon dont il s’est rétabli est incroyable. Et puis, notre intervention auprès de Mohammad nous a également permis d’aider sa fille, Amani ».

Les deux sœurs d’Amani s’assoient à côté d’elle et Abdul Rahman les engagent à se joindre à la session. Mohammad regarde ses trois filles dessiner en silence. Il conclut : « Tout ce que j’espère aujourd’hui, c’est de pouvoir retravailler bientôt. Le fait que je puisse me tenir debout à nouveau me redonne de l’espoir. Et je veux tout faire pour leur garantir un bel avenir. Je rêve aussi que la guerre se finisse vite dans notre pays et qu’on puisse enfin rentrer chez nous. » Après leur rencontre avec le père de famille, l’équipe de l’association arrive à obtenir que sa fille soit opérée gratuitement dans un hôpital de la capitale Jordanienne. « Et puis, nous avons également commencé les sessions de kinésithérapie et d’ergothérapie avec Amani » explique le kinésithérapeute de l’association. « Je la vois une fois par semaine et  nous travaillons sur la sensitivité de sa main droite car nous voulons qu’elle puisse utiliser ses deux mains de la même façon. Elle s’est beaucoup améliorée depuis le début de notre intervention. »

En savoir plus : Ce projet HI permet aux personnes vulnérables en Jordanie de bénéficier de soins de réadaptation. Les cliniques de Handicap International proposent des services de kinésithérapie, d’ergothérapie, de soutien psychosocial et font aussi des dons de chaises roulantes et d’aides à la mobilité. L’association paie pour les frais de transport des bénéficiaires, lorsqu’ils se rendent à la clinique pour bénéficier de soins de réadaptation. Pour atteindre les personnes qui n’ont pas les moyens se rendre à la clinique, une équipe mobile propose aussi des soins à domicile. 

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