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Cinq ans de conflit au Yémen : les civils, premières victimes

Mines et autres armes
Yémen

Ce 26 mars 2020 marque cinq ans de guerre au Yémen. Handicap International réaffirme son engagement contre l’utilisation des armes explosives en zones peuplées alors que les victimes qu’elle accompagne auront besoin d’un suivi à vie. 

Séance de rééducation d'une petite fille en février 2019 à Sanaa

Séance de rééducation d'une petite fille en février 2019 à Sanaa | © ISNA Agency / HI

En cinq ans de guerre, le Yémen a été ravagé par l’utilisation d’armes explosives et Action on Armed Violence rapporte que près de 16.300 personnes ont été tuées ou blessées par ce type d’arme entre 2015 et 2018: 80% d’entre elles étaient des civils.

Et le danger mortel va perdurer puisque, comme le signale le Bureau de la coordination pour les affaires humanitaires (OCHA, 2019), des mines et divers engins explosifs polluent désormais les sols de 19 des 22 gouvernorats du pays.

 

Si le conflit s’achevait aujourd'hui, les incidents liés aux armes explosives s’étendraient encore sur des décennies, handicapant la population civile et empêchant le retour à la maison de 3,3 millions de personnes déplacées.

80% de la population dépend de l’aide humanitaire

« La violence armée a détruit les circuits économiques du pays, faisant du Yémen le pays au monde le plus touché par l’urgence humanitaire: 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide humanitaire »,  indique Thomas Hugonnier, directeur des opérations de HI au Moyen-Orient.

L’utilisation massive et répétée d’armes explosives (en particulier d’armes à large rayon d’impact) en zones peuplées a exacerbé la crise humanitaire au Yémen. D’après le Humanitarian Needs Overview (HNO), près de 600 infrastructures civiles ont été détruites ou endommagées chaque mois en 2018, 50 % des structures médicales ne fonctionnent plus, et 19,7 millions de personnes ont besoin de soins.

Handicap International accueille des patients de tout le pays

Présentes dans six centres de santé des gouvernorats de Sanaa, d’Amanat al-Asima et d’Aden, les équipes de HI accueillent des patients de tout le pays.

Depuis le début de son intervention en 2015, l’ONG a traité 25.000 personnes, dont 3.000 victimes de bombardements, restes explosifs de guerre ou engins explosifs improvisés. Encore plus alarmant, HI a relevé, parmi ses bénéficiaires, une proportion sans précédent de victimes de mines: 850 en cinq ans.

Toute une génération de personnes handicapées

« Nous sommes frappés par le nombre de personnes blessées par des bombardements, des mines ou des engins non explosés. Beaucoup auront besoin d’un accompagnement médical, financier et social, à vie. Ce conflit laissera derrière lui toute une génération de personnes blessées et handicapées, et nécessitera le soutien d’organisations de solidarité pendant de nombreuses années. »

Pour répondre aux besoins spécifiques de ces blessés (amputation des membres inférieurs, plaies ouvertes, fractures, brûlures, lésions du système nerveux), HI a contribué à la mise en place de services de réadaptation d’urgence.

Une prise en charge déterminante car, en l’absence de réadaptation post-opératoire, les patients risquent une grave perte de mobilité entraînant, à terme, marginalisation sociale et professionnelle, baisse de revenus et appauvrissement de leur famille.

Les ONG entravées dans leur action

Malgré tous leurs efforts, les ONG continuent d’être confrontées à d’importantes contraintes qui réduisent considérablement leur champ d’action. Or, il est essentiel de veiller à ce que les populations bénéficient d'un accès rapide et sûr aux services de base.

« C’est pourquoi nous appelons les États donateurs à renouveler leur soutien à l’aide humanitaire vitale au Yémen et à faire pression sur les parties belligérantes pour qu’elles lèvent les obstacles qui entravent l’accès et l’intervention humanitaires. »

 


Processus diplomatique en cours  

  • HI et les membres du Réseau international sur les armes explosives (INEW) travaillent actuellement avec les États pour rédiger une déclaration politique forte, visant à mettre fin à l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact en zones peuplées, et à garantir la prise en charge des victimes.
     
  • HI Luxembourg a appelé les citoyens à mobiliser leurs parlementaires sur ce sujet à travers sa campagne « 6 mois pour gagner » lancée en octobre 2019 au Grand-Duché et dans six autres pays (Allemagne, Belgique, Canada, France, Royaume-Uni et Suisse). Plus de 3.000 mails pré-rédigés ont déjà été envoyés aux députés luxembourgeois pour les appeler à soutenir le processus diplomatique.
     
 
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