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Deir Ezzor : « Les combats sont terminés mais les risques perdurent »

Mines et autres armes
Syrie

Le 3 novembre 2017, les forces armées[1] reprenaient le contrôle de la ville de Deir Ezzor, en Syrie. Les combats, qui ont duré plusieurs mois au sein de la ville et dans ses environs, ont fait de très nombreuses victimes civiles et engendré le déplacement de plus de 300 000 personnes. Handicap International (HI) s’alarme de la situation sur le terrain.

 

[1] Forces armées Syriennes,  Forces Démocratiques Syriennes (FDS) et coalition. 

Talal et sa famille se sont réfugiés syriens au Liban pour fuir la guerre dans leur pays. | ©E.Fourt/HI

« Entre septembre et novembre 2017, la ville de Deir Ezzor et ses environs ont été le théâtre d’intenses combats, marqués par une utilisation intensive d’armes explosives. Des centaines de milliers de civils n’ont eu d’autre choix que de fuir, beaucoup d’autres ont été blessés ou tués dans les combats. Bien que les affrontements soient termines dans la ville depuis plus d’un mois, les consequences du conflit et les risques perdurent pour la population », indique Florence Daunis, directrice des opérations de HI.

Des bombardements intensifs en zone peuplees

Avec des zones peuplées quotidiennement sous le feu des combats pendant plusieurs semaines, beaucoup de civils ont été blessés dans la ville de Deir Ezzor.  « Dans les hopitaux de la region, la plupart des patients sont des victimes d’armes explosives », indique Florence Daunis. « Un grand nombre d’entre eux viennent du gouvernorat de Deir Ezzor et souffrent de fractures, d’amputations et même de graves brulûres, dues à des bombardements ou à des explosions. Certaines personnes ont été blessées dans la ville et d’autres lorsqu’elles tentaient de fuir. Beaucoup d’habitants ayant réussi a partir parlent de frappes aériennes constantes et d’un niveau d’insécurité extrême pour les civils. » « Les avions et les combats ne semblaient jamais s’arreter”, explique notamment Falah, un déplacé de Deir Ezzor ayant trouvé refuge dans un camp. « On était bombardés chaque heure de chaque jour, au cours des trois derniers mois. Nous n’avons eu d’autre choix que de fuir ».

Des centaines de milliers de personnes deplacees

 « La situation est egalement particulièrement compliquée pour les centaines de milliers de personnes désormais déplacées », commente Florence Daunis. La ville de Deir Ezzor comptait 300 000 habitants avant la guerre et même si les estimations varient,  les sources s’accordent pour dire que ce nombre a significativement diminué. « Ces derniers mois, la plupart des personnes fuyant les combats en Syrie venaient du gouvernorat de Deir Ezzor » explique-t-elle. « Ces personnes ont généralement dû tout laisser derrière elles et vivent dans des conditions très difficiles. Les camps de déplacés internes de la region sont surpeuplés et de plus en plus de civils n’ont d’autre choix que de former des petits camps informels, généralement dans des zones dangereuses encore contaminées par les récents combats. Cela représente un risque énorme pour ces civils et un défi supplémentaire pour les humanitaires, qui éprouvent plus de difficultés à atteindre  ces populations, identifier leurs besoins et à y repondre de facon adaptée. »

Deir Ezzor, une ville jonchee de restes explosifs de guerre

Bien que les combats soient désormais terminés dans la ville de Deir Ezzor, les risques et les dangers sont encore bien présents. « Comme dans la ville voisine de Raqqa, la fin des combats laisse une zone contaminée par la présence de nombreuses armes non explosées et engins explosifs improvises, souvent extrêmement dangereuxs pour la population», explique Florence Daunis.  La sensibilisation des habitants à la présence et aux dangers des restes explosifs de guerre est donc essentielle pour eviter davantage d’accidents. Outre les activités d’éducation aux risques, l’assistance humanitaire aux personnes vulnérables, blessées ou déplacées à cause des combats, est une priorité.

 

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[2] La Convention d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. La Convention a été ouverte à signature le 3 décembre 1997. Elle est entrée en vigueur le 1er mars 1999. 162 sont Etats parties à la Convention. 1 Etat en est signataire. 

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