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« Je retrouve peu à peu le sourire »

Réadaptation
Syrie

Abu Aïsha est originaire du nord de la Syrie. En juin 2015, alors que sa ville était assiégée, il a été touché par un éclat d’obus qui l’a rendu quadriplégique et partiellement sourd. Depuis sa rencontre avec Abu Aïsha, l’équipe de Handicap International l’accompagne dans sa convalescence, à travers des sessions de kinésithérapie mais aussi de soutien psychosocial, pour l’aider à se remettre du traumatisme lié à son accident.

Ahmad et Rami, lors d’une session de kinésithérapie avec Abu Aïsha.

Ahmad et Rami, lors d’une session de kinésithérapie avec Abu Aïsha. | © Handicap International

« La ville était assiégée et nous n’avions plus accès à rien : plus d’eau, plus de nourriture, plus d’électricité ou de médicaments », se souvient Abu Aïsha lorsqu’il parle de son accident. « Un jour, j’ai essayé de sortir pour trouver à manger. Je suis l’ainé d’une famille de neuf enfants et je voulais pouvoir nourrir mes frères, mes sœurs et mes parents. Alors que j’étais parti à la recherche d’herbe et de pain, seules denrées que nous pouvions trouver dans notre quartier à cette époque-là, j’ai été touché par un éclat d’obus. »

L’éclat traverse l’oreille gauche d’Abu Aïsha et se loge dans son cou. Des habitants du quartier l’amènent en urgence dans un hôpital de fortune qui souffre aussi du siège imposé sur la ville : aucun médicament pouvant alléger la douleur du jeune Syrien n’est disponible et les médecins sont dépassés par le nombre de blessés.  « Au fil des mois, le prix de la nourriture ou des médicaments ne faisait qu’augmenter et la situation ne faisait qu’empirer », explique Abu Aïsha. « J’ai perdu énormément de poids. Mes proches ne me reconnaissaient même plus. Mais pour moi, le plus dur était de ne plus être capable d’aider mon père à nourrir notre famille… »

« Un jour, des ONG ont pu rentrer dans notre ville et ont aidé les personnes blessées à en sortir. C’est ainsi que nous avons été libérés de ce siège, avec ma famille. » Ahmad, travailleur social, se rappelle encore de sa première rencontre avec Abu Aïsha : « Il était très traumatisé par tous ces évènements et sa condition. Il était triste, dormait peu, et avait perdu toute confiance en lui. » Alors qu’Ahmad et Rami, ses collègues kinésithérapeutes, proposent à Abu Aïsha des sessions de réadaptation, le travailleur social essaie également d’aider le jeune Syrien à surmonter son traumatisme.  

Abu Aïsha accepte la proposition de l’équipe de Handicap International et s’implique dans les sessions de soutien psycho-social et de réadaptation. Au fil des séances, il fait des progrès et retrouve doucement une partie de sa mobilité. Rami, kinésithérapeute, raconte : « Abu Aïsha est plus musclé que quand nous l’avons rencontré, il a retrouvé son équilibre. Et il est désormais capable de marcher sur de courtes distances. » Pour le jeune homme, la convalescence sera encore longue mais ce sont ces petits changements qui font, aujourd’hui, toute la différence. « Je retrouve peu à peu le sourire », conclut-il. 

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