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Bombardements des civils, les infrastructures dévastées

Mines et autres armes

Les bombardements en zones peuplées sont devenus courants dans les conflits actuels. En plus de tuer et de mutiler les civils, ils détruisent des infrastructures publiques vitales comme des ponts, des ports, des hôpitaux, etc. Anne Héry, directrice du plaidoyer à Handicap International, explique quellles sont les répercussions sur la vie des civils lors de l’utilisation des armes explosives en zones peuplées :

Infrastructure détruite lors de combats en Irak

Infrastructure détruite lors de combats en Irak en 2014 | Till Mayer

Prenons le cas d’un port détruit par un bombardement : des bateaux ne peuvent plus accoster, provoquant l’interruption du fret de marchandises, dont des produits alimentaires, ce qui peut engendrer une forte augmentation des prix sur le marché et des pénuries dans les régions qui dépendent de cette infrastructure. Le bombardement d’un simple entrepôt peut avoir des conséquences graves en perturbant la chaîne d’approvisionnement et en provoquant des ruptures de stocks.

Quand un pays devient le théâtre de bombardements, les transporteurs routiers prennent souvent des mesures de sécurité - comme ne plus se déplacer en convoi, par exemple – ce qui réduit le volume de biens délivrés. Dans bien des cas, les compagnies d’assurance ne couvrent plus les risques des transporteurs qui commercent avec le pays touché. Des sociétés de transport décident alors de suspendre leurs activités. Nourriture et médicaments viennent à manquer, pouvant engendrer une augmentation des cas de malnutrition et aggraver la vulnérabilité de la population aux maladies.

Approvisionnement vital en eau

Ce genre d’effet domino peut également être observé lors des bombardements des réseaux d’eau. La destruction de stations de pompage, de traitement d’eau, des réseaux d’adduction prive des quartiers, des zones entières en eau propre ou potable. L’eau du réseau urbain peut aussi se retrouver contaminée par des destructions et des gravats … Dans ces cas de figure, les conséquences sanitaires sont effroyables : les maladies infectieuses, les infections rénales, la typhoïde augmentent ainsi que le taux de mortalité au sein de la population. La destruction d’une seule station de traitement d’eau peut affecter des centaines de milliers de personnes.

Où se faire soigner ?

L’attaque d’un hôpital a également des conséquences dramatiques et durables. Elle provoque l’évacuation en urgence des bâtiments et des destructions lors de l’attaque elle-même, et une fois passée, presque inévitablement une réduction des services : les dégâts rendent impraticable telle partie du bâtiment, certains personnels ont préféré fuir la région ou le pays et ne reviendront plus y travailler, des équipements médicaux sont endommagés et inutilisables… Quand le réseau électrique est également touché, certains de ces équipements, comme des couveuses, ne peuvent plus fonctionner. Quand un hôpital régional ferme, des milliers de personnes se retrouvent sans accès aux services de soins. Des patients ne sont plus traités, ce qui entraîne des complications et une augmentation de la morbidité.

Handicap International contre les bombardements des civils

Handicap International mène depuis plusieurs mois une campagne pour dénoncer et interdire l’utilisation des armes explosives en zones peuplées [Lien pétition], une pratique effroyable, courante dans les conflits actuels, en Syrie, en Afghanistan, au Yémen, en Ukraine, etc. Les victimes de cette pratique barbare sont à 92 % des civils.

Utilisées dans les zones peuplées, les armes explosives tuent, provoquent des souffrances et blessures graves (brûlures, plaies ouvertes, fractures, etc.). Elles sont la cause de handicaps et de traumatismes psychologiques. Cet usage provoque le déplacement forcé des populations, détruit des infrastructures essentielles comme les habitations, les écoles et les hôpitaux.

Lors d’une attaque, un pourcentage variable de ces armes n’explose pas à l’impact, générant une menace permanente pour les populations civiles longtemps après les combats. La présence de restes explosifs de guerre rend périlleux le retour des populations dans leurs quartiers une fois l’attaque passée ou le conflit terminé.

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Pour aller plus loin

Bombardements aériens : des conséquences dévastatrices sur les civils
© Elias Saade / HI
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Bombardements aériens : des conséquences dévastatrices sur les civils

Un nombre record de civils ont été tués lors de bombardements en 2016 en Syrie. Et un civil sur quatre tué par des bombardements aériens en zones urbaines avait moins de 18 ans, rapporte une étude publiée dans le Lancet Global Health sur la base de chiffres collectés par le Violence Documentation Centre (VDC). En cause, l’utilisation des armes explosives en zones peuplées - pratique contre laquelle s’est engagée Handicap International (HI) - et leurs effets dévastateurs sur les civils.  

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© J.M. Vargas/HI
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Alerter les Etats sur l’assistance aux victimes

Dans un contexte d’augmentation spectaculaire du nombre de victimes des mines (8605 victimes en 2016[1]) et d’utilisation des mines improvisées, les Etats parties au Traité d’Ottawa[2] qui interdit les mines antipersonnel se réunissent à Vienne du 18 au 22 décembre. Handicap International (HI) sera présente. Objectif de l’association : alerter les Etats sur les besoins dans l’assistance aux victimes et défendre le déminage des mines improvisées dans le cadre du Traité.

 

[2] La Convention d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. La Convention a été ouverte à signature le 3 décembre 1997. Elle est entrée en vigueur le 1er mars 1999. 162 sont Etats parties à la Convention. 1 Etat en est signataire. 

Les Etats africains contre l’utilisation des armes explosives en zone peuplées
© Handicap International
Mines et autres armes

Les Etats africains contre l’utilisation des armes explosives en zone peuplées

Handicap International (HI) organise les 27 et 28 novembre à Maputo, capitale du Mozambique, une conférence régionale sur les bombardements des civils. Cette conférence réunira près de 20 Etats, 10 organisations de la société civile africaines et des ONG internationales. Objectif : sensibiliser les pays africains à cet enjeu crucial et les inciter à s’engager au niveau international pour protéger les civils des effets dévastateurs liés à l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées.