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Haïti : "Les besoins en réadaptation sont immenses"

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Haïti

Virginie Duclos, responsable de la réadaptation d'urgence chez HI, est arrivée aux Cayes, l'une des régions les plus touchées par le tremblement de terre. Elle fait un bilan de la situation sur place.

Les destructions au centre de réadaptation des Cayes

Les destructions au centre de réadaptation des Cayes | © R. Crews / HI

Plus de 2 200 personnes ont été tuées par le tremblement terre alors que les blessés continuent d’affluer dans les hôpitaux, 7 jours après le séisme. Notre responsable de la réadaptation d'urgence, Virginie Duclos, détaille la situation aux Cayes.

 

Quelle est la situation aux Cayes ? 

Il y a énormément de besoins. Les hôpitaux et les médecins sont débordés, avec plus de 100 nouveaux patients chaque jour dans la ville des Cayes, une semaine après le tremblement de terre. Certaines personnes viennent de zones rurales reculées. Il leur a fallu beaucoup de temps pour arriver ici. Elles ont pu être un moment dissuadées par les coûts de transport ou l’appréhension du milieu hospitalier… A cause de ce délai, de nombreux patients arrivent avec des infections et des complications supplémentaires, nécessitant des amputations qui auraient pu être évitées. Ils sont dans un état terrible.

Quels sont les besoins ? 

Les équipes médicales sur place manquent de matériels et de personnels. Le centre de réadaptation a été endommagé par le tremblement de terre. Le bâtiment est debout, mais ils ne peuvent pas accueillir les patients à l'intérieur car il peut encore s'effondrer à tout moment, alors que les répliques sont régulières. 

L’équipe de réadaptation est installée dehors, sur le trottoir pour s'occuper des patients. Elle avait un petit stock d'aides à la mobilité comme des cannes et des béquilles, mais maintenant tout a été distribué et l’équipe n’a plus de matériel. 

Quels sont les risques liés au handicap dans cette situation? 

Si les gens ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin, ils souffriront longtemps et cela prolongera le temps nécessaire à leur rétablissement. Quand un membre reste immobile ou inutilisé, les muscles se rigidifient rapidement. Cela peut mettre très longtemps à récupérer, et dans certains cas c’est même impossible. Rester alité pendant de longues périodes peut provoquer des problèmes musculaires et circulatoires, et entraver la guérison, ces problèmes pouvant apparaître après seulement deux jours d'alitement. Tout cela peut entraîner des handicaps à long terme.

Les personnes déjà en situation de handicap avant le tremblement de terre sont plus susceptibles d'avoir été tuées ou blessées lors du séisme, car elles ont plus de difficulté à se déplacer et à fuir à temps un bâtiment touché.

Des personnes handicapées qui ont réussi à s'échapper à temps peuvent avoir perdu leur aide à la mobilité pendant le séisme. Par exemple, si quelqu'un les a portés hors de la maison au moment où elle s'effondre, elles peuvent avoir laissé leur fauteuil roulant ou leurs béquilles, qui seront alors perdus sous les décombres.  

Que savons-nous pour l'instant de notre intervention d'urgence ? 

Dans les hôpitaux que nous avons visités, il n'y a absolument aucun service de réhabilitation. La priorité est donc d'en mettre en place. À court terme, cela pourrait signifier fournir du matériel de réadaptation, recruter, et surtout former. La formation est le point le plus important. L'objectif serait que les hôpitaux soient en mesure de continuer à proposer des services à long terme après le départ de notre équipe.  

Pourquoi agir maintenant ? 

Il y a beaucoup de personnes touchées. Si nous n'agissons pas maintenant, beaucoup d'entre elles pourraient développer des handicaps irréversibles

 

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