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Intervention dans le camp de déplacés de Hasansham

Urgence
Irak

Depuis le début de l’offensive pour reprendre la ville de Mossoul, le 17 octobre dernier, plus de 55 000 personnes ont été déplacées. Le camp de Hasansham a ouvert il y a une dizaine de jours, et il est déjà rempli. Plus de 10 000 personnes y ont été relogées.

Gaylan et ses enfants, dans leur abri provisoire, au sein du camp de Hasansham.

Gaylan et ses enfants, dans leur abri provisoire, au sein du camp de Hasansham. | © E. Fourt / Handicap International

Aujourd’hui, Maud Bellon, chef de projet sur l’urgence Mossoul pour Handicap International se rend dans le camp de Hasansham: « Nous souhaitons déterminer le degré de vulnérabilité de déplacés, de façon à apporter la réponse humanitaire la plus appropriée. Nous souhaitons également vérifier le niveau d’accessibilité des structures du camp (nous assurer que chacun peut s’y déplacer facilement et accéder aux différentes structures, des lieux de distribution aux tentes et aux sanitaires), de façon à ce que les personnes handicapées ne soient pas oubliées par les différentes ONG dans cette réponse d’urgence. »

Alors qu’elle se déplace avec d’autres représentants de l’association au sein du camp, elle commente : « Cela doit être très dur, pour une personne handicapée, de se déplacer ici. Regardez la hauteur du terrain où se trouvent les tentes, comparé à cette allée… » Effectivement, les tentes se dressent à parfois plus d’un mètre de hauteur de la route la plus proche. Les représentants de l’association remarquent alors une chaise roulante devant l’une de tentes. Idriss, 61 ans, invite les professionnels de Handicap International à venir discuter avec lui.  « Je suis arrivé ici il y a une semaine, avec ma famille. Je ne suis pratiquement pas sorti de cette tente depuis. Impossible de me déplacer ici… »

Les propos d’Idriss confirment les observations des responsables de l’association. « C’est ma famille qui m’apporte tout ce dont j’ai besoin. Je ne sors que pour aller aux toilettes ou me laver, mais ça aussi c’est très compliqué pour moi ici. Enfin, je ne veux pas me plaindre, dans ce camp, nous sommes en sécurité. » 

Un peu plus loin, des dizaines de familles attendent dans un grand bâtiment de briques qu’une tente leur soit allouée. Une petite fille joue sur un fauteuil roulant. Les responsables de l’association lui demandent à qui il appartient. « À mon papa » ; répond-elle timidement. La famille les invite à rentrer dans l’espace qui leur a été alloué. Gaylan, 33 ans, est assis sur un matelas, entouré de sa mère et de ses enfants. « Nous sommes arrivés de Mossoul il y a dix jours » explique-t-il. Victime d’un arrêt cardiaque il y a 5 ans, ce père de famille ne peut se déplacer sans sa chaise roulante.

S’il reconnait que le camp est peu accessible pour les personnes handicapées, il indique que cela fait en réalité plusieurs années qu’il ne s’est pas déplacé sur de longues distances. « À Mossoul, la situation était trop dangereuse. Nous restions constamment enfermés chez nous. Ma mère ne sortait que pour faire quelques commissions, quand nous n’avions plus rien à la maison… » Le plus grand chemin qu’il a parcouru en deux ans a été celui pour arriver dans le camp. « Cela nous a pris deux jours » raconte-t-il.

« Ma mère et mes enfants poussaient ma chaise roulante car nous avons dû fuir à pieds. Des missiles tombaient autour de nous et nous avions très peur… Cela a été un soulagement d’arriver ici et de se sentir à nouveau en sécurité. »

Bien qu’il ne se trouve qu’à quelques kilomètres des lignes de fronts, Gaylan semble désormais rassuré. « Tout ce que je souhaite désormais, c’est que mes enfants puissent être scolarisés. Ils n’allaient pas à l’école lorsque nous étions à Mossoul… J’espère qu’ils auront bientôt l’opportunité d’apprendre, dans ce camp. »

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