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Test du 16 janvier par Marc-André - m-à-j

Droit Santé
Timor Oriental

Test - Ali et sa famille ont été utilisés comme boucliers humains à Mossoul, en avril dernier. Victime d’un bombardement, Ali a été grièvement blessé et ses deux parents ainsi que son grand frère sont décédés. Il est traité dans un hôpital au sud de la ville, entouré de son oncle et de sa tante, et reçoit l’aide d’un kinésithérapeute de Handicap International.  

 

A  l’hôpital de Qayyarah, la chaleur est étouffante. Des moustiquaires ont été placées au-dessus des lits de chaque patient, pour les protéger des centaines de mouches qui volent sous le plafond. Une dizaines de lits sont alignés les uns à côté des autres et des pleurs se font entendre au fond de la salle accueillant les femmes et les enfants. A travers la toile de la moustiquaire, une silhouette de jeune femme portant un bébé dans ses bras, se distingue. Alors que Khaled, kinésithérapeute de Handicap International, s’approche du lit, les pleurs s’interrompent graduellement. Le nourrisson, intrigué, regarde le professionnel de l’association. « Comment va Ali aujourd’hui ? » demande Khaled à la jeune femme qui porte le bébé. « Il a très chaud et sa jambe lui fait mal, mais il est fort et il se remettra », dit Kitba en regardant son neveu tendrement.

Il y a moins d’un mois, Ali vivait encore à Mossoul, avec ses frères et sœurs et ses parents. « Mais un jour, alors que toute notre famille était réunie à la maison, des hommes armés sont venus nous chercher. Ils nous ont rassemblé avec plusieurs habitants de notre quartier et nous ont emmenés dans une école, pour se servir de nous comme boucliers humains. Les bombardements ont commencé… et les parents d’Ali sont morts sur le coup. Son grand frère aussi. Il n’avait que 9 ans. »

Les grand-parents, la tante et l’oncle d’Ali survivent à l’accident et fuient avec le nourrison et sa sœur dans leurs bras. « Alors que nous courrions vers les quartiers contrôlés par les forces armées, les bombardements s’intensifiaient. C’était comme s’ils n’allaient jamais s’arrêter. Effrayé, mon père a fait une crise cardiaque sur le chemin. Nous avons alors été emmenés dans un hôpital de campagne avant d’être transférés ici, à Qayyarah, il y a quelques jours de cela. »

Alors que Kitba se remémore leur fuite, Ali joue avec la pomme et l’orange donnés par le personnel de l’hôpital, pour le déjeuner. Des grosses cicatrices sont encore visibles sur son visage et le nourrisson bouge difficilement avec le plâtre qui entoure sa jambe. « Il a encore des éclats d’obus dans le corps et sa jambe a été cassée lors du bombardement », commente Kitba. Khaled lui donne quelques conseils, pour faciliter la convalescence de son neveu. « A ce stade, difficile de faire davantage, avec un si jeune enfant », explique le professionnel de l’association. « Mais dès que les médecins lui retireront son plâtre, nous lui proposerons des sessions de réadaptation. C’est essentiel pour qu’il se rétablisse correctement. »

Kitba semble déjà s’occuper d’Ali comme une seconde mère. Elle est très attentive aux conseils que lui donne Khaled. « Quand nous partirons de l’hôpital, mon neveu viendra avec nous », dit-elle avec les larmes aux yeux. « Son futur est entre les mains de Dieu, mais je ne souhaite que son bonheur, comme pour mon propre enfant. Quand il sera assez grand pour comprendre, je lui raconterai ce qui est arrivé à ses parents. Et je veux que tout le monde connaisse leur histoire, pas uniquement Ali. »

 

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