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Laos - L’éducation aux risques, pour sauver des vies

Mines et autres armes
Laos

Au Laos, plus de 50 000 personnes ont été tuées ou blessées par les restes explosifs, issus de la guerre du Vietnam. Des millions de bombes sont encore disséminées dans le pays. Les équipes d’éducation aux risques de Handicap International apprennent aux enfants et aux adultes à se protéger et à limiter les accidents liés à ces armes fatales. 

Un garçon du village présente une leçon de sécurité à ses camarades | Un garçon du village présente une leçon de sécurité à ses camarades

Dans le village de Pounseeyerng, au Laos, garçons et filles restent dans la classe après l’école pour une présentation exceptionnelle. Aujourd’hui, les équipes d’éducation aux risques de Handicap International sont venues au village. Les écolier vont faire le plein d’informations.
Face à la classe, Amphone, agent d'éducation aux risques de Handicap International, ouvre un grand livre illustré. Il présente une page montrant différentes armes explosives : une grande bombe aérienne, une grenade, des bombes à sous-munitions.   

« Qu’est-ce que c’est ? », demande Amphone.
« Des bombes ! », s’écrient les écoliers d’une même voix.

Même les plus jeunes, âgés de six/sept ans, semblent familiers de ces armes de guerre.

À quelques kilomètres seulement de la frontière vietnamienne, Pounseeyerng est proche de l’ancienne Piste Hô Chi Minh, la route utilisée par les Vietnamiens du Nord pour le ravitaillement pendant la guerre du Vietnam. À l’époque, les États-Unis ont largué plus de deux millions d’engins sur le pays. Résultat : près de 25 % des villages touchés, dont Pounseeyerng. Handicap International a débarrassé de nombreuses zones du village et des alentours des engins non explosés, mais toutes les terres environnantes n’ont pas encore été cartographiées ou déminées. Les fermiers qui défrichent de nouveaux champs et les enfants curieux qui jouent dans la forêt trouvent régulièrement des engins non explosés. Et tous n’en reviennent pas indemnes. 

Dans la classe, les agents de Handicap International utilisent des illustrations et l’humour pour susciter l’intérêt des enfants et leur apprendre le bon comportement s’ils trouvent un engin non explosé. Les enfants viennent devant leur classe répéter les leçons à leurs camarades afin de mieux assimiler les messages. Tour à tour, les garçons et les filles expliquent ce qu’ils ont appris : ne pas jouer avec des objets suspects, ne pas rechercher de ferraille dans la forêt et prévenir les autorités du village s’ils trouvent quelque chose qui ressemble à un explosif.
Les agents dispensent aussi des séances de sensibilisation auprès des adultes et des très jeunes enfants. Ils rappellent aux enfants et aux adultes comment détecter, éviter et signaler tout objet suspect.

À l’issue des séances, les agents dressent un tableau dans lequel les habitants peuvent signaler des soupçons d’engins non explosés ainsi que les blessures ou handicaps dont eux ou des membres de leur famille souffrent. Les relations tissées avec la population locale sont cruciales pour l’identification des engins non explosés et l’organisation des travaux de déminage.

Aujourd’hui, les fermiers signalent la découverte de deux nouveaux explosifs à proximité du village. Aprong, un fermier souffrant toujours de blessures dues aux bombardements des années 1960, emmène un enquêteur de Handicap International hors du village, dans une zone boisée où il a trouvé un obus d'artillerie. L’obus rouillé se confond parmi les feuilles mortes, mais il semble parfaitement intact et pourrait encore s’avérer fatal. L’enquêteur relève les coordonnées GPS pour qu’une équipe puisse revenir sur le site détruire l’obus. Il marque l’arbre près de l’obus avec une bombe de peinture afin que les habitants ne s’en approchent pas.
Non loin de là, un feu de brousse a mis au jour une bombe à sous-munitions. Un autre fermier a brûlé ce terrain pour pouvoir semer ses cultures. Mais s’il y a une bombe à sous-munitions, on en trouvera beaucoup d’autres. Les démineurs de Handicap International devront inspecter tout le terrain à la recherche d’explosifs cachés avant qu’il ne puisse être exploité en toute sécurité. 

Depuis 2011, Handicap International a éduqué plus de 70 000 Laotiens aux risques des engins non explosés. Grâce aux informations fournies par la population locale pendant les études et les séances d’éducation aux risques, des milliers d’explosifs ont été identifiés et éliminés sans causer de dégâts, sauvant ainsi d'innombrables vies.

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[2] La Convention d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. La Convention a été ouverte à signature le 3 décembre 1997. Elle est entrée en vigueur le 1er mars 1999. 162 sont Etats parties à la Convention. 1 Etat en est signataire.