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« Le niveau de contamination en Irak est unique »

Mines et autres armes
Irak

Simon Elmont, expert en déminage pour Handicap International, coordonne les actions de l’association pour protéger les civils des restes de guerre en Irak. Ces actions visent, à long terme, à dépolluer les zones anciennement contaminées (guerre passées) ou plus récemment touchées par les conflits (territoires occupés par le groupe Etat Islamique). 

Simon Elmont, expert en déminage pour Handicap International, coordonne les actions de l’association pour protéger les civils des restes de guerre en Irak. Ces actions visent, à long terme, à dépolluer les zones anciennement contaminées (guerre passées) o | Elisa Fourt / Handicap International

Quand es-tu arrivé en Irak et quelle a été ta première impression ?
Je suis arrivé en octobre 2015, peu de temps après l’ouverture de notre base dans le gouvernorat de Kirkouk. Dès le début, j’ai été très impressionné par la situation. Il n’y a pas de comparaison possible avec les pays dans lesquels j’ai travaillé précédemment... Le niveau de contamination en Irak est unique, tant par la localisation géographique des restes explosifs de guerre que par la quantité et la diversité d’engins non-explosés que l’on retrouve dans le pays. D’autre part, Handicap International ne travaille pas généralement si près des lignes de fronts. Beaucoup des endroits où nous intervenons sont des zones militaires ou des territoires disputés : cela rend la situation d’autant plus complexe et a forcément un effet sur la conduite de nos activités.


Comment toutes ces conditions impactent-elles ton travail au quotidien ? 
Nous travaillons dans un contexte qui change constamment. Ce qui est vrai aujourd’hui ne pourrait ne plus l’être demain et de la même façon, l’accès que nous avons à certaines zones peut être bloqué en un instant. Pour travailler ici, il faut constamment faire preuve de réactivité et de flexibilité. Il faut aussi toujours garder en tête que le conflit a lieu au quotidien. Cela implique d’être d’autant plus vigilant vis-à-vis des règles de sécurité que l’on doit respecter. 


En quoi les activités d’éducation aux risques de mines sont complémentaires du travail que tu effectues en Irak ?
L’une de mes responsabilités est de former le personnel chargé de l’éducation aux risques des mines. Je leur montre les différents types d’engins explosifs qui existent, je leur apprends comment les identifier et comment s’en protéger, pour qu’ils puissent transmettre ce message aux personnes auxquelles ils rendent visite au quotidien. 


Par extension, ces équipes d’éducation aux risques des mines nous sont d’une grande aide dans le cadre de nos enquêtes non-techniques. Les enquêtes que nous menons ont pour but d’identifier les zones contaminées par des restes explosifs de guerre, de les référencer et de les marquer, pour avertir la population du danger. Ces enquêtes sont ensuite remises sous forme de rapports aux autorités, qui nous donneront bientôt l’autorisation de déminer la zone préalablement identifiées. 
Lorsque les équipes d’éducation aux risques des mines discutent avec les personnes sensibilisées, celles-ci leur indiquent parfois des zones où elles ont trouvé ou vus des engins non-explosés. Les équipes nous font alors un compte-rendu et nous allons localiser et baliser la zone qu’ils ont identifiée. De la même façon, lorsque je suis sur le terrain avec mes deux équipes d’enquêtes non-techniques, nous voyons parfois des enfants jouer dans des zones contaminées. Nous demandons donc à l’équipe d’éducation aux risques des mines de se rendre dans ces endroits, pour y mener des sessions de sensibilisation. Nos activités se complètent et s’entrecroisent : d’un côté, ils préviennent les risques des armes explosives, de l’autre, nous essayons de les éradiquer. Au final, notre but est commun : garantir la sécurité de chacun. 


Si tu avais un message à transmettre, quel serait-il ?
Souvent, les personnes à l’étranger ne se rendent pas compte du niveau de contamination de ce pays ou de la gravité de la situation. Elles ne réalisent pas non plus à quel point cela affecte la vie des Irakiens au quotidien. Si nous ne déminons pas, la crise que connait le pays actuellement ne va faire qu’empirer et le nombre de déplacés internes serait encore plus important qu’il ne l’est déjà aujourd’hui. Notre action est essentielle et doit être soutenue : le déminage, parce qu’il permet d’éviter les accidents et de nouvelles victimes, facilite le retour des personnes dans leur zone d’origine. Et il donne l’opportunité aux ONG d'intervenir dans les zones dépolluées, en toute sécurité.

 



Détails du projet : En 2016, Handicap International a lancé des activités de déminage dans les gouvernorats de Kirkouk et Diyala. Conséquence des décennies de guerre et de la nouvelle vague de violence depuis 2014, l’Irak est un des pays les plus contaminés au monde, ce qui rend sa population extrêmement vulnérable (risques de blessures et de mort). Cette contamination des sols par les restes explosifs de guerre est l’un des facteurs qui empêche le retour en sécurité des civils dans leur ville d’origine, ainsi que la stabilisation et la reprise économique dans ces zones. La conduite d’études non-techniques, le marquage et la documentation de zones contaminées en Irak est la phrase préliminaire des actions de déminage.

 

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[2] La Convention d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. La Convention a été ouverte à signature le 3 décembre 1997. Elle est entrée en vigueur le 1er mars 1999. 162 sont Etats parties à la Convention. 1 Etat en est signataire. 

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