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Le Président Obama promet 90 millions de dollars au Laos

Mines et autres armes
Laos

Le Président Barack Obama vient d’annoncer le doublement de l'aide financière des États-Unis pour l'élimination des bombes et des munitions qui polluent les terres au Laos. Ce pays d'Asie du Sud avait subi des bombardements incessants de la part des Américains dans les années 1960 et 1970. Le montant accordé s'élève désormais à 90 millions de dollars étalés sur trois ans.

 

 

Le Président Obama a rencontré au Laos en début de semaine, les survivants victimes de déflagrations de munitions non explosées (MNE), ainsi que l'ex-Ban Advocate de Handicap International Thoummy Silamphan. | © Thoummy Silamphan/Handicap International

« De 1964 à 1973, les États-Unis ont largué plus de 2 millions de tonnes de bombes ici, au Laos », a commenté le Président Barak Obama le 6 septembre lors d’une visite au Laos. « Plus que ce que nous avons lâché au- dessus de l'Allemagne et du Japon au cours de la Seconde Guerre mondiale. La plupart des bombes n'ont jamais explosé. Au fil des ans, des milliers de Laotiens ont été blessés ou tués par ces engins qui ont explosé » Ces frappes aériennes américaines ont disséminé plus de 270 millions de sous-munitions, contenues dans des BASM (bombes à sous-munitions).

Fin 2014, le Laos comptait au moins 50 570 victimes de munitions, mines et autres explosifs dispersés par la guerre. Parmi elles, 29 522 personnes ont perdu la vie.  

« Le doublement du financement est le bienvenu », souligne Jeff Meer, directeur de Handicap International aux États-Unis. « Malheureusement, cette somme ne suffira pas à remédier au niveau de contamination extrêmement élevé du Laos : les restes explosifs de guerre polluent encore 35 % du territoire. Et tout ne doit pas être ramené à des questions financières. Tout comme les milliers d’Américains qui s’opposent fermement aux pertes de civils en période de guerre, Handicap International encourage le gouvernement des États-Unis à rejoindre la Convention sur les armes à sous-munitions et à s’engager pour l’interdiction de l'utilisation, de la production, du transfert et du stockage de ces armes »

Handicap International souhaite également voir quelle part de ce montant sera allouée aux victimes qui ont besoins de soins de réadaptation, d’aides à la mobilité, de prothèses ou d’appareillages orthopédiques, à long terme pour leur réadaptation et l'achat des équipements d'aide à la mobilité, des prothèses et de l'appareillage orthopédique dont elles ont besoin à vie.

Cette promesse du Président Obama représente une forte hausse par rapport aux sommes perçues au début de son premier mandat, en 2009. À l'époque, le financement accordé par les États-Unis pour l'élimination des BASM (bombes à sous-munitions) et pour le soutien aux victimes était de 3 millions de dollars seulement. Le Président Obama a progressivement augmenté ce budget, pour atteindre 15 millions de dollars en 2016.

« Pour les habitants du Laos, la guerre ne s'est pas limitée à un champ de bataille », a-t-il déclaré au cours d'une visite, le 7 septembre dernier, au centre d'accueil de la Coopérative Orthotic and Prosthetic Enterprise (COPE) Visitor Center. « Pour les Laotiens, la fin des bombardements n'a pas coïncidé avec la fin de la guerre. 80 millions de bombes à fragmentation n'ont pas explosé. Il y avait des bombes disséminées dans les champs, dans la jungle, dans les villages et dans les rivières. »

Au COPE, le Président Obama a rencontré les survivants victimes de déflagrations de MNE, ainsi que l'ex-Ban Advocate de Handicap International Thoummy Silamphan (en photo), et des équipes chargées de la neutralisation des MNE.

Environ 30 % des sous-munitions larguées au cours des années 1960 et 1970 n'ont pas explosé. Et selon l'Observatoire mondial des sous-munitions 2016, les restes explosifs de guerre ont blessé ou tué plus de 7 600 personnes au Laos depuis 1964, et continuent de faire des victimes chaque année. Environ 70 millions de ces mini-bombes sont dispersées sur le sol laotien. Le Laos est le pays du monde le plus contaminé par les sous-munitions. L'Observatoire rapporte en effet qu'environ 35 % du territoire est pollué par des BASM.

« Handicap International est ravi de l'engagement dont font preuve les États-Unis pour aider le Laos dans l'élimination des BASM », a déclaré Kim Warren, chef de mission pour Handicap International au Laos. « Actuellement, nous ne bénéficions pas encore du financement américain, mais nous espérons que cette situation évoluera d'ici l'an prochain. »

Handicap International a rassemblé plus de 11 500 signatures dans une pétition demandant au Président Obama de cesser le bombardement de civils, et de signer le traité interdisant les bombes à sous-munitions.

Barack Obama est le premier président américain à se rendre au Laos, plus de 40 ans après la fin de la guerre du Vietnam. Il a assisté au sommet de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) qui a eu lieu du 6 au 8 septembre 2016.

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