Go to main content
 

Victimes de mines et de restes explosifs de guerre : +75 % en un an !

Mines et autres armes

L’année 2015 a été une année record en termes de nombre de victimes de mines et de restes explosifs de guerre (REG) avec une augmentation de 75 % par rapport à 2014. Ce triste constat est lié au fait que les bombardements en zones peuplées sont devenus massifs et systématiques dans les conflits récents, en Irak, en Syrie, au Yémen, en Ukraine, etc. Cette pratique tue et blesse en très grande majorité des civils. Handicap International appelle une nouvelle fois à ce que cette pratique cesse immédiatement et soit dénoncée avec force par la communauté internationale.

Camp de Zaatari (Jordanie). Ahmad a 24 ans et est originaire de Deraa, en Syrie. En 2013, alors qu’il fuyait sa ville bombardée, il a marché sur une mine et a perdu son pied droit.

Camp de Zaatari (Jordanie). Ahmad a 24 ans et est originaire de Deraa, en Syrie. En 2013, alors qu’il fuyait sa ville bombardée, il a marché sur une mine et a perdu son pied droit. | © P.Poulpiquet/Handicap International

Publié en novembre dernier, l’Observatoire des mines rend compte de l’augmentation vertigineuse en 2015 du nombre de nouvelles victimes de mines et restes explosifs de guerre : l’augmentation de 75 % par rapport à 2014, s’explique par des bilans particulièrement lourds dans les zones de conflit en Afghanistan, en Libye, en Syrie en Ukraine et au Yémen. Au moins 6 461 personnes ont été tuées ou blessées par ces armes en 2015. 

Jamais l’Observatoire n’a comptabilisé autant de victimes de mines artisanales depuis la publication de son premier rapport annuel en 2000 : elles sont 1 331 soit 21 % des victimes recensées en 2015, un chiffre très certainement en dessous de la réalité. 

Ce triste bilan est directement lié à l’utilisation massive dans les conflits récents (Irak, La Syrie, le Yémen, l’Ukraine…) d’armes explosives dans des zones peuplées, incluant des armes interdites comme des mines antipersonnel et des bombes à sous-munitions. L’utilisation des armes explosives en zones peuplées tue et blesse à 90 % des civils.

Le conflit syrien est particulièrement marqué par l’utilisation massive et répétée des armes explosives. Selon un recensement l’International NGO Safety Organisation (INSO), 8656 attaques impliquant des armes explosives ont eu lieu en Syrie entre le 26 septembre et le 28 décembre 2016, soit 72 % des incidents répertoriés. Cela représente une moyenne de 94 attaques, sous la forme de bombardements ou de pilonnages, par jour.

En Irak, en Syrie, en Ukraine…, les bombardements et pilonnages laissent des restes explosifs de guerre (REG) qui contaminent durablement des vastes parties de territoire longtemps après les combats ou un conflit. Dans les quartiers ou les villages touchés par un bombardement, la présence de ces restes explosifs de guerre menace la vie des civils et rend impossible le retour à une vie sociale et économique normale.

Selon une Evaluation rapide sur l’action contre les mines du Service de l’action mine des Nations unies (UNMAS) sur le niveau de contamination en Syrie, publiée en novembre 2016, plus de 3,6 millions de Syriens vivent dans des zones contaminées par les restes explosifs de guerre et les engins improvisés ; près de 1,5 million de personnes vivent dans des zones où des incidents liés à la présence d’engins explosifs ont été relatés ; la présence d’engins non explosés est rapportée dans 20 % du territoire. 

En plus de leurs effets dévastateurs au moment de l’attaque, les bombardements et les pilonnages laissent un grand nombre de restes explosifs de guerre dans la mesure où un pourcentage significatif de ces armes n’explose pas à l’impact. Ces restes explosifs continuent alors à mettre en danger la vie des civils longtemps après un combat ou un conflit. Ils posent une menace identique à celles des mines antipersonnel.

Le 15 mars 2017, Handicap International a lancé une campagne internationale destinée à réunir 1 million de signatures pour dire « stop aux bombardements des civils ». L’association se donne pour objectif de réunir 1 million de signatures pour les remettre aux décideurs politiques en septembre 2018. Handicap International œuvre au sein de la coalition INEW (International Network on Explosive Weapons) à inciter les Etats à s’engager à mettre fin à l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées.

Handicap International appelle les Etats et les groupes armés non étatiques à stopper immédiatement toute utilisation de mines et de sous-munitions, à cesser de vendre ou de transférer ces armes, à condamner fermement toute utilisation et, lorsqu’ils sont parties prenantes à un conflit, à faire pression sur leurs alliés afin que ceux-ci n’utilisent pas ces armes. 

Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Vous désirez un complément d'informations ?

Je suis là pour vous renseigner

Claude BRIADE
Directeur Marketing et Communication
(+352) 42 80 60 40
c.briade@hi.org

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Restes explosifs de guerre : les enfants handicapés doivent avoir accès aux sessions de prévention
©HI

Restes explosifs de guerre : les enfants handicapés doivent avoir accès aux sessions de prévention

Près de 10 000 engins non explosés (roquettes, têtes de missiles, bombes..) ont été laissés par les bombardements qui ont a frappé la Bande de Gaza à l’été 2014. Entre décembre 2016 et septembre 2017, HI a formé 93 enseignants pour qu’ils mènent des sessions de sensibilisation aux risques liés à la présence de ces restes explosifs. 15 000 élèves ont ainsi été sensibilisés. Un projet financé par la Coopération belge (DGD).

Bombardements aériens : des conséquences dévastatrices sur les civils
© Elias Saade / HI

Bombardements aériens : des conséquences dévastatrices sur les civils

Un nombre record de civils ont été tués lors de bombardements en 2016 en Syrie. Et un civil sur quatre tué par des bombardements aériens en zones urbaines avait moins de 18 ans, rapporte une étude publiée dans le Lancet Global Health sur la base de chiffres collectés par le Violence Documentation Centre (VDC). En cause, l’utilisation des armes explosives en zones peuplées - pratique contre laquelle s’est engagée Handicap International (HI) - et leurs effets dévastateurs sur les civils.  

Alerter les Etats sur l’assistance aux victimes
© J.M. Vargas/HI

Alerter les Etats sur l’assistance aux victimes

Dans un contexte d’augmentation spectaculaire du nombre de victimes des mines (8605 victimes en 2016[1]) et d’utilisation des mines improvisées, les Etats parties au Traité d’Ottawa[2] qui interdit les mines antipersonnel se réunissent à Vienne du 18 au 22 décembre. Handicap International (HI) sera présente. Objectif de l’association : alerter les Etats sur les besoins dans l’assistance aux victimes et défendre le déminage des mines improvisées dans le cadre du Traité.

 

[2] La Convention d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. La Convention a été ouverte à signature le 3 décembre 1997. Elle est entrée en vigueur le 1er mars 1999. 162 sont Etats parties à la Convention. 1 Etat en est signataire.