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Restes explosifs de guerre : les enfants handicapés doivent avoir accès aux sessions de prévention

Mines et autres armes
Palestine

Près de 10 000 engins non explosés (roquettes, têtes de missiles, bombes..) ont été laissés par les bombardements qui ont a frappé la Bande de Gaza à l’été 2014. Entre décembre 2016 et septembre 2017, HI a formé 93 enseignants pour qu’ils mènent des sessions de sensibilisation aux risques liés à la présence de ces restes explosifs. 15 000 élèves ont ainsi été sensibilisés. Un projet financé par la Coopération belge (DGD).

Extraits d’une brochure produite par Hi mettant en scène un enfant se mettant en danger à cause de la présence de restes explosifs de guerre.

Extraits d’une brochure produite par Hi mettant en scène un enfant se mettant en danger à cause de la présence de restes explosifs de guerre. | ©HI

En plus de former 93 enseignants  de 45 écoles privées (2 par écoles), dont 15 spécialisées pour enfants handicapés, HI a produit et mis à disposition du matériel pédagogique : deux guides pratiques pour aider les enseignants à organiser une session de sensibilisation, des modèles de jeux et d’histoires, des brochures pour les professeurs et les élèves… HI mène des projets d’éducation aux risques à Gaza depuis 2014, suite au conflit.

Pourquoi les enfants

« L’objectif des sessions de sensibilisation est de changer le comportement des enfants. Les explosifs sont omniprésents ; leur présence est devenue presque normale pour elle. Dans une telle situation, la notion de danger a parfois disparu », explique Bruno Leclercq, chef de mission HI en Palestine basé à Jérusalem.

Les enfants sont souvent les principales victimes des restes explosifs. Naturellement curieux, ils ont tendance à prendre plus de risques et à commettre des imprudences. C’est pourquoi HI fait en sorte que la sensibilisation aux risques rentre dans les salles de classe et s’adressent aussi aux enfants handicapés.   

Inclure les enfants handicapés

Les sessions ont en effet été menées de sorte à pourvoir s’adresser aux enfants avec des handicaps physiques - visuels, auditifs - et intellectuels. Là encore, les enseignants ont été formés pour adapter leur session à ce public : pour les élèves atteints d’une déficience visuelle, par exemple, les activités peuvent privilégier les jeux utilisant le touché. Un élève avec déficience visuelle, on veillera à le mettre devant dans la classe…

L’enseignant doit utiliser dans tous les cas des phrases courtes et répéter plusieurs fois les messages pour bien se faire comprendre : ne jamais toucher de tels objets ; ne pas s’approcher ; avertir un adulte...

Une enseignante a créé une chanson avec ses élèves faisant l’inventaire des situations types avec un reste explosif de guerre, rythmée par des signes du pouce : en haut pour un bon comportement, et en bas pour un mauvais comportement. 

Le danger et les besoins de sensibilisation sont réels

Osama Hamdan, chef de projet éducation aux risques à Gaza, relate cette anecdote récente qui montre que la présence des restes explosifs et la méconnaissance du danger sont encore bien réels à Gaza : « À la fin d'une séance d'éducation aux risques pour un groupe de personnes du quartier Al-shuja'eya, dont des enfants, des étudiants et des petits vendeurs de rue, un jeune homme nous a informés de la présence d’un reste de bombe enterré à quelques centimètres de la porte de l'école qui accueille plus de 1 500 élèves. Immédiatement, nous avons rencontré la directrice et nous lui avons expliqué le danger : ‘Merci d'avoir attiré notre attention sur un problème aussi important,  nous a-t-elle dit. Je pensais que puisque la bombe avait déjà explosé, elle ne présentait aucun risque’. Quelques minutes plus tard, une équipe de démineurs était sur les lieux suite à l'appel du principal... »

En décembre dernier, la Palestine est devenue le 164e Etat partie au Traité d’Ottawa qui interdit les mines antipersonnel, signifiant ainsi qu’elle faisait de l’action contre les mines une priorité.

La mobilisation citoyenne

HI mène la campagne Stop Bombing Civilians contre les bombardements des civils et appelle les citoyens à signer la pétition pour faire pression sur les Etats et les inciter à s’engager contre l’utilisation des armes explosives en zones peuplées, pratique aveugle qui tue et blesse en grande majorité des civils. En 2016, 43 000 personnes ont été tuées ou blessées par des armes explosives. Quand elles sont utilisées en zones peuplées, les armes explosives tuent à 92 % des civils. Dites non aux bombardements des civils, signez la pétition.

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