Accès direct au contenu
 
 

« Je ne veux plus vivre ça »

Urgence
Palestine

Gaza, 21 mai 2021. Après huit jours de bombardements, un cessez-le-feu s'est instauré à Gaza à 2 heures du matin la nuit dernière. Amal, membre de Handicap International à Gaza, partage ses expériences et espoirs pour les jours à venir.

Vue sur Gaza Nord après plusieurs jours de conflit

Vue sur Gaza Nord après plusieurs jours de conflit | © HI

Que se passe-t-il à Gaza en ce moment?

« Un cessez-le-feu a été déclaré à 2 heures du matin hier soir. Depuis, tout le monde essaie de comprendre ce qui se passe. Il n'y a plus de bombardements et plus de peur, et les gens sont descendus dans la rue pour fêter la fin des bombardements. Tout le monde à Gaza essaie simplement de comprendre ce qui s'est passé et à quoi s'attendre dans les jours à venir. »

Avez-vous pu sortir depuis le cessez-le-feu ?

« Je ne suis pas sûre d’être prête à voir ce qui se passe à l’extérieur. Mon frère est sorti et a dit qu'il y avait beaucoup de dégâts dans les rues et les maisons voisines. Je ne suis pas encore sûre de pouvoir le faire, je ne suis tout simplement pas prête. Ce n'est pas la première expérience pour nous, et je connais le sentiment lorsque vous sortez, voyez les dégâts et vous souvenez des gens qui étaient en vie il y a à peine une semaine. Mon esprit n'est pas encore prêt à constater tous ces dégâts et ces pertes humaines. »

« Beaucoup de ceux qui avaient besoin d'évacuer leurs maisons retournent voir les dégâts dans l'espoir de revenir. Nous avons dû évacuer notre maison. Mes cousins ont perdu leurs appartements, ma sœur et son mari aussi. Lorsque vous devez quitter votre maison et décider quelles sont les choses les plus importantes à emporter, sachant que c'est peut-être la dernière fois que vous voyez votre chambre, vos affaires, votre rue, c'est une expérience horrible. Je me sens exactement comme tous ceux qui ont dû vivre cela.

Maintenant que les bombardements sont terminés, quels sont les besoins actuels de la population ?

« Nous devons recommencer à zéro, en commençant par reconstruire nos esprits grâce à un soutien psychologique. J'ai trois nièces. La plus âgée a 11 ans et la nuit dernière, elle a sauté de son lit et a couru dans la maison pendant son sommeil. L'autre a 9 ans et elle parle dans son sommeil du bombardement. La communauté entière est désormais victime. Les gens sont blessés et doivent mener une nouvelle vie avec leurs blessures. Nous avons peut-être fini la guerre contre la mort, mais maintenant nous commençons notre guerre pour la vie. Nous sommes tous fatigués et avons besoin de soutien, mais ce sentiment nous aidera à soutenir à notre tour les personnes qui en ont le plus besoin dans notre communauté. Cela nous donnera la force de continuer à les soutenir. »

Pouvez-vous expliquer le travail que vous faites avec HI et ses contributions aux besoins actuels ?

« Je travaille en tant que responsable de la gestion de l'information. J'ai commencé ce travail au début de cette année. Avant cela, je travaillais au sein du projet d'éducation inclusive. Je travaille avec des chiffres et des données, donc à travers mon travail je peux montrer l'impact de cette violence sur nos bénéficiaires. En produisant des chiffres et des fiches d'information, entre autres, je peux présenter ce qui s'est passé et ce dont les gens ont besoin. Grâce à mon travail, je peux représenter quels sont les besoins et comment nous pouvons aider nos bénéficiaires. »

Qu'attendez-vous dans les prochains jours ?

« Je me sens plus optimiste cette fois. Je ressens une certaine solidarité de la part des gens du monde entier. J’espère que ce cessez-le-feu restera, mais on ne sait pas vraiment ce qui va se passer. Alors, j’espère que cela restera et que nous n’aurons plus jamais à vivre cette expérience. J'ai vécu 4 guerres officielles et plus de conflits que je ne peux en compter. Je ne veux plus vivre ça. J'ai bon espoir que cela fonctionnera et que nous trouverons un moyen de vivre nos vies et de soutenir les personnes dans le besoin sans avoir à penser à ce genre de dévastation. »

 

Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Vous désirez un complément d'informations ?

Nous sommes là pour vous renseigner

Sacha VICIC
Chargé de Communication
(+352) 42 80 60 23
s.vicic@hi.org

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

 « Volcan Nyiragongo : de nombreuses personnes ont perdu leur logement »
© HI
Urgence

« Volcan Nyiragongo : de nombreuses personnes ont perdu leur logement »

Témoignage de Jérémy Mouton, chargé de veille et préparation aux urgences pour HI, en direct de la République démocratique du Congo : 

Au Cambodge, les crises se succèdent
© HI
Réadaptation Santé Urgence

Au Cambodge, les crises se succèdent

Les mesures sanitaires restrictives conduisent à une crise économique désastreuse au Cambodge. Handicap International est au soutien, sur le terrain et à distance. 

Volcan Nyiragongo à Goma, Nord-Kivu : Handicap International vient en aide aux plus vulnérables
© J. De Beaucorps / HI
Urgence

Volcan Nyiragongo à Goma, Nord-Kivu : Handicap International vient en aide aux plus vulnérables

HI vient en aide aux plus vulnérables après les déplacements de populations liées à l’éruption du volcan Nyiragongo à proximité de Goma, au Nord Kivu (République démocratique du Congo).