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«J’ai entendu ses cris et j’ai immédiatement accouru»

Réadaptation
Syrie

Hamad a trois ans et il est Syrien. Sa famille s’est réfugiée en Jordanie dès le début du conflit dans leur pays. L’année dernière, Hamad a été victime d’un accident domestique. Gravement brûlé, il ne pouvait plus bouger les mains. Depuis plusieurs mois, Handicap International (HI) aide le petit garçon avec des séances de réadaptation.

Abdul Rahman et Hamad, à la fin de la session de réadaptation | © E. Fourt / Handicap International

Lorsqu’Abdul Rahman se présente chez Hamad et sa famille, il est accueilli par Nada, la mère du petit garçon. « Il est en train de regarder la télévision avec ses frères, suivez-moi » explique-t-elle en invitant le kinésithérapeute de HI à entrer dans le salon. Hamad, assis à même le sol, regarde des dessins animés en souriant. A première vue, rien ne semble le distinguer de ses deux grands frères, assis à ses côtés. Pourtant, il y a un an, le petit garçon a passé près d’un mois en soins intensifs dans l’un des hôpitaux d’Amman, en Jordanie. Nada raconte : « Un jour, comme à mon habitude, je faisais chauffer de l’eau pour la toilette de mes enfants. Mon fils était encore petit, il ne faisait pas attention… Il a trébuché et a renversé le seau d’eau bouillante sur lui. J’ai entendu ses cris et j’ai immédiatement accouru… » La mère de Hamad essuie ses larmes. Même des mois après l’accident, le souvenir de ce jour est encore très douloureux.

Hamad est gravement brûlé et il est amené d’urgence à l’hôpital. Au fil des semaines, les médecins font leur possible pour que le petit garçon se remette de ses blessures mais il a toujours beaucoup de mal à bouger les mains. « Il a commencé les sessions de réadaptation là-bas, mais une fois qu’il était rentré à la maison, difficile pour nous de continuer de nous rendre à l’hôpital régulièrement. Nous habitons loin et n’avons pas les moyens de payer les transports en commun. Le docteur nous a donc conseillé de vous contacter, en nous disant que votre association nous aiderait », raconte Nada.

Peu après, une équipe mobile de HI se rend chez Hamad pour évaluer son cas. « Nous avons tout de suite commencé les sessions de réadaptation à domicile », explique Abdul Rahman, alors qu’il entame une série d’exercices de kinésithérapie avec Hamad. « Et lorsque nous ne pouvons pas venir ici, nous couvrons les frais de transport de la famille, jusqu’au centre dans lequel nous et notre partenaire travaillons. Cette aide financière est essentielle : beaucoup de personnes devraient tout simplement renoncer aux services de kinésithérapie si elle n’existait pas. Ce constat est d’autant plus vrai pour la population réfugiée en Jordanie, qui est, en général, particulièrement vulnérable et se précarise. »

« Le docteur m’a expliqué que la réadaptation était indispensable pour mon fils, s’il voulait pouvoir retrouver toute sa mobilité au niveau des mains. Alors, je suis très attentive quand Abdul Rahman m’explique les exercices que je dois faire avec Hamad au quotidien », explique Rana. Le professionnel de l’association conclut : « L’implication des parents est très importante lorsqu’on assiste des enfants convalescents. Quelques sessions seront encore nécessaires pour que Hamad puisse bouger ses mains correctement, mais je ne me fais pas de souci pour lui. Toutes les conditions sont réunies pour qu’il aille mieux. Rana est impliquée dans la réadaptation de son fils et il ne rechigne jamais à faire ses exercices. »

Avant de partir, Abdul Rahman souffle dans l’un des gants en plastique qu’il utilise pendant les séances de kinésithérapie. Il dessine un personnage au visage souriant, pour encourager le petit garçon. Hamad rit doucement à la vue de ce nouveau jouet. Celui-ci l’occupera jusqu’à la prochaine session de réadaptation. 

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