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« J’ai retrouvé le sourire »

Réadaptation Urgence
Irak

Sabah a été amputé il y a plusieurs années, lors de l’une des guerres qui a secoué l’Irak. En 2014, l’arrivée du groupe Etat Islamique dans sa ville l’a amené à fuir avec sa famille. Au début de l’année 2016, ils ont finalement pu rentrer à Jalawla. Encore très traumatisé par tous ces évènements, Sabah bénéficie de séances de soutien psychosocial assurées par une équipe de Handicap Internationall. L’association lui a également fait don de matériel, pour faciliter son quotidien.

Sabah et sa famille, dans l’une des deux pièces de leur maison.

Sabah et sa famille, dans l’une des deux pièces de leur maison. | © E. Fourt / Handicap International

Aujourd’hui, l’équipe mobile de Handicap International se rend chez Sabah, dans la ville de Jalawla. Une petite fille ouvre joyeusement la porte de la maison, un lapin dans les bras. « Il s’appelle Bobby ! » dit-elle avec enthousiasme. Elle invite alors Shvan, kinésithérapeute et Awtar, travailleuse psycho-social, à la suivre dans la pièce qui fait office de salon familial. Assis sur le lit dont lui a fait don Handicap International, Sabah salue l’équipe de l’association. Voilà plusieurs mois que Shvan et Awtar lui rendent visite. « Cela fait plaisir de le voir sourire », commente Awtar. « Il y a encore quelques mois, il était très déprimé. Il faut dire qu’il a vécu de nombreuses épreuves au cours de sa vie… »

En 1987, Sabah travaille comme démineur dans le sud du pays. Alors que la guerre entre l’Irak et l’Iran bat son plein, il s’applique à dépolluer les terrains minés par le conflit. « Un jour, des soldats ont commencé à nous tirer dessus alors que nous étions en train de travailler » raconte-t-il. « Nous nous sommes mis à courir, avons escaladé un mur, et je suis tombé sur une mine. Lorsque l’explosion a eu lieu, j’ai vu mon pied se détacher du reste de mon corps. L’un de mes collègues m’a pris sur son dos et a continué à courir… » Lorsque Sabah arrive à l’hôpital, le verdict des chirurgiens est sans appel : il doit se faire amputer. Cet accident change sa vie et il met longtemps à se remettre de ce traumatisme.

Les années passent, Sabah se marie et fonde une famille. Il retrouve les joies du quotidien et semble oublier son accident. Jusqu’en 2014, où l’un des conflits qui affecte l’Irak, le touche à nouveau de plein fouet. « Lorsque le groupe Etat Islamique est arrivé à Jalawla, j’ai immédiatement pris la décision de fuir avec ma famille. Nous sommes partis de nuit, effrayés à l’idée de nous faire tuer, si quelqu’un nous voyait. Nous avons traversé un pont et quelques minutes après, celui-ci se faisait bombarder. La situation était très dangereuse, et j’avais beaucoup de mal à me déplacer, du fait de mon amputation… C’était extrêmement difficile, mais aussi effrayant. »

Sabah et sa famille trouvent refuge dans une autre ville dans laquelle ils restent plus d’un an. Ce n’est qu’en Février 2016, qu’ils retournent à Jalawla. « Lorsque nous sommes arrivés dans notre ville, un représentant des autorités nous a prévenu que nous risquerions d’être choqués. Effectivement, j’ai eu du mal à reconnaître ma maison quand j’ai ouvert la porte d’entrée. Tout avait disparu, nous avions été pillés… Mais Dieu merci, les murs étaient toujours là. Beaucoup d’autres maisons ont été réduites en ruines lors de bombardements, alors je ne me plains pas. »

Depuis son retour dans la ville, Sabah reçoit l’assistance de Handicap International. Shvan, kinésithérapeute, explique : « Nous lui avons donné une chaise-toilette et un lit, comme tout avait été volé chez lui et que ces objets lui étaient indispensable. J’ai également travaillé avec l’hôpital du gouvernorat pour qu’il obtienne une nouvelle prothèse, plus adaptée à ses besoins. Aujourd’hui, je souhaite vérifier comment il marche avec. » Les deux hommes se dirigent dans la cour de la maison, pour quelques exercices de réadaptation.

Un peu plus tard, alors que la séance se termine, Shvan et Awtar félicitent le père de famille pour ses progrès. « Nous sommes fiers du chemin accompli », commente la travailleuse psycho-social. « Les séances avec l’association m’ont beaucoup aidé. Cela m’a facilité la vie » ajoute Sabah, visiblement épanoui. Motivé par les encouragements de ses enfants, Sabah fait encore quelques pas, avant de conclure en souriant : « Tous ces efforts, c’est avant tout pour eux que je les fait. » 

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