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Réfugié syrien, Osama vit en fauteuil roulant

Mines et autres armes
Syrie

Alors que ce 15 mars 2020 marque le 9e anniversaire du conflit en Syrie, l'histoire du jeune Osama, 25 ans, aujourd'hui réfugié en Jordanie, reflète le cauchemar vécu par des millions de Syriens ces dernières années.

Osama était un jeune comme les autres jusqu'à ce jour de 2012 où ce bombardement l'a privé de l'usage de ses jambes et forcé à fuir son pays

Osama était un jeune comme les autres jusqu'à ce jour de 2012 où ce bombardement l'a privé de l'usage de ses jambes et forcé à fuir son pays | HI

Avec le 9e anniversaire du conflit en Syrie en toile de fond, Handicap International exhorte les États à s'engager dans une déclaration politique internationale contre l'usage des armes explosives en zones peuplées. 

Alors que près d'un million de Syriens survivent dans des conditions effroyables à la frontière turque, l'histoire du jeune Osama, réfugié en Jordanie, illustre de la plus triste des manières le cauchemar vécu par la population depuis près d'une décennie maintenant.

 

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Osama vivait avec sa famille dans un charmant village du sud de la Syrie quand son quartier a été bombardé. C'était en 2012. Son petit frère, âgé de 13 ans, y a laissé la vie, tandis que lui a reçu un fragment de missile dans une vertèbre thoracique, le paralysant à partir de la taille. 

Pas d'autre choix que de fuir: ce sera vers la Jordanie, où il vit désormais avec sa mère et sa sœur cadette, son père étant décédé en 2017. Aujourd'hui, sa jambe le fait toujours terriblement souffrir, et 
la survie de la petite famille dépend en grande partie de l’aide humanitaire.

Fuir la violence

Osama a d'abord passé 10 jours dans un camp, à Zaatari, avant d'être transporté en urgence vers un hôpital du nord de la Jordanie. Il est resté hospitalisé pendant un mois après son opération. Une fois que son état physique s’est stabilisé, sa famille a déménagé dans un petit appartement de trois pièces dans l’ouest d’Irbid, où elle a vécu pendant un an.

Tout laisser derrière soi

A leur arrivée à Irdib, la mère d’Osama n’a rien d’autre que la robe qu’elle porte tandis que son fils n’a qu’un petit sac de vêtements. Dans les premiers temps, ils ont pu compter sur l’aide de leurs voisins, qui leur ont donné des vêtements, un poêle et de la nourriture.

Osama est resté alité pendant toute une année: trop difficile pour ce jeune plein de vie d’accepter sa nouvelle situation.

Il a ensuite pu bénéficier de services adaptés et son état s’est amélioré. Il est aujourd’hui volontaire auprès de Handicap International et aide notre équipe à prendre en charge des cas similaires au sien. Il partage son histoire avec d’autres réfugiés, ce qui l’aide à surmonter son traumatisme.

Vivre paralysé, sans fauteuil roulant

Longtemps, Osama est resté cloîtré chez lui, n’ayant pas de fauteuil roulant ni aucune intention de s’en procurer un. C’est en 2013 que HI lui a rendu visite pour la première fois. Il a reçu un fauteuil roulant, a appris à l’utiliser, à monter et à descendre les rampes d’accès et à s’habiller seul.

Notre équipe lui est venue en aide pendant deux ans. Il a également bénéficié d’un accompagnement psychologique et a commencé à parler des lieux qu’il aimerait visiter et des cours qu’il aimerait suivre.

Il a suivi un programme spécial destiné aux réfugiés syriens en Jordanie, mais la plupart des établissements ne reconnaissent pas le certificat d’études secondaires qui lui a été délivré.

Se souvenir des jours heureux

En Syrie, Osama étudiait la mécanique automobile dans un lycée technique. Tous les matins, il prenait le bus et retrouvait ses camarades avant d’aller en classe. Après l’école, il passait de longs moments avec ses amis. Ils allaient au cybercafé, au parc ou chez l’un d’entre eux.

Une fois rentré chez lui, il participait aux tâches ménagères, notamment au jardinage. Sa famille avait une bonne situation économique et il était l’un des rares élèves à avoir un ordinateur à la maison. Il passait parfois des heures devant son ordinateur, à jouer aux jeux vidéo. Le jardin d’oliviers familial générait chaque année un revenu confortable.

Aujourd'hui, plus personne ne s’approche de cette zone, la ville ayant subi de lourds dégâts. 

Vivre en fauteuil roulant

Les difficultés quotidiennes commencent dès qu’Osama doit sortir de chez lui. Les rues et les trottoirs ne sont pas adaptés aux personnes en fauteuil roulant. Il a des difficultés à se déplacer, à accéder aux bâtiments, et rencontre généralement de nombreux obstacles liés au manque d’accessibilité de la ville. Il a également des difficultés à trouver un emploi décent ou à poursuivre ses études.

C’était un élève comme les autres, mais la guerre, sa lésion médullaire et sa condition de réfugié syrien ont tout changé. Il ne peut pas suivre de formation de qualité, car les établissements d’enseignement les plus abordables ne sont pas accessibles. Il ne peut pas non plus postuler à un emploi qualifié, car les employeurs exigent un certificat d’enseignement supérieur précisant qu’Osama est autodidacte en programmation et en montage photo.

Il rêve de partir pour le Canada, où vit son oncle, afin de suivre des études supérieures, de bénéficier de services communautaires plus adaptés et de devenir un jour développeur de jeux vidéo.

 


Handicap International en Jordanie et au Liban 

HI et ses partenaires locaux aident les réfugiés syriens et les personnes vulnérables en Jordanie et au Liban depuis 2012.

  • En Jordanie, en 2019, l'association et ses partenaires ont organisé des séances de réhabilitation pour 3.215 personnes.
  • HI a fourni à 382 personnes des équipements de mobilité tels que des fauteuils roulants, des déambulateurs, des béquilles.
  • HI a apporté une aide psychologique et sociale à plus de 400 personnes.
  • HI travaille en Jordanie avec 11 partenaires locaux.

 

  • Au Liban, HI et ses partenaires ont organisé des séances de réhabilitation pour plus de 3.000 personnes et ont fourni à environ 500 personnes des équipements de mobilité tels que des fauteuils roulants, des déambulateurs, des béquilles, etc.
  • HI a apporté un soutien psychologique à environ 220 personnes.
  • HI a organisé 2.000 sessions d'éducation aux risques, qui ont été profitables à plus de 40.000 personnes.
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